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  • Publication | 2026
Impact de la crise au Moyen-Orient sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest, au Sahel et au Cameroun

La crise au Moyen-Orient, déclenchée en février 2026, constitue un choc externe majeur qui pèse sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) en Afrique de l'Ouest, au Sahel et au Cameroun. En perturbant les marchés mondiaux de l'énergie, des engrais et du transport maritime, ce conflit produit des effets de transmission indirects mais puissants sur des économies africaines structurellement dépendantes des importations. Les principaux canaux d'impact sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle identifiés sont : (i) la hausse rapide des prix des carburants, (ii) l'augmentation marquée des coûts des intrants agricoles - en particulier l'urée et les engrais composés (NPK) - et (iii) les tensions logistiques sur les chaînes d'approvisionnement internationales transitant par le détroit d'Ormuz. 

À court terme (avril - septembre 2026) 

Les impacts restent partiellement contenus grâce aux stocks issus de la bonne campagne agricole 2025, à des politiques publiques actives (plafonnement des prix, stocks stratégiques, exonérations) et au fonctionnement des flux commerciaux régionaux. Toutefois, des signaux précoces de dégradation sont déjà observables, notamment au Nigeria, au Ghana, en Sierra Leone, au Liberia, en Guinée-Bissau, au Mali et en Mauritanie. 

À moyen et long terme (à partir Septembre 2026)

La hausse persistante des coûts de l'énergie et des intrants agricoles risque d'entraîner:

  • une réduction de l'utilisation des engrais lors de la campagne 2026-2027;
  • une baisse des rendements des cultures céréalières, particulièrement le riz et le maïs;
  • une augmentation généralisée des prix alimentaires, en particulier des produits importés ;
  • une détérioration des termes de l'échange (bétail/céréales, main-d'œuvre/aliments de base, cultures de rente/aliments) au cours de la soudure 2027; 
  • Une hausse du cout du transport qui se répercutera sur les couts des produits alimentaires et non alimentaires
  • une dégradation de l'accès économique à l'alimentation pour les ménages pauvres urbains et les populations dépendantes des marchés.

Pays prioritaires

Les zones les plus exposées sont le Liptako-Gourma, le bassin du Lac Tchad, les zones agro- pastorales sahéliennes enclavées ainsi que les zones urbaines fortement dépendantes des produits alimentaires importés. Les pays enclavés du Sahel, dont les marchés dépendent de longs corridors d'approvisionnement transitant par les ports côtiers (Tema, Conakry, Cotonou, Dakar, Abidjan), sont particulièrement vulnérables. Le Nigeria devrait être le pays le plus touché et devrait connaître des hausses de prix de soudure plus marquées que prévu. Au Cameroun, les effets se manifesteraient principalement par le maintien de prix élevés pour les produits importés, en lien avec le coût du fret.